Boèmia, douceur de la nature

Boèmia, douceur de la nature

Rencontre avec Julien, cueilleur et créateur de Boèmia

Il y a quelques jours, j’ai eu la chance de passer un long moment avec Julien Martre, le créateur de Boèmia.

Ceux qui me suivent savent comme j’aime les plantes sauvages, alors baigner dans les effluves de distillation était un pur plaisir. Un plaisir olfactif associé à la rencontre d’un passionné, une belle journée! Julien est cueilleur de plantes aromatiques et médicinales dans l’Aude, dans les Corbières Audoises, au pied de la montagne Alaric, tout près de chez moi ! J’ai découvert à l’occasion de cette rencontre qu’il était possible d’exercer la profession de cueilleur de plantes sauvages, sauf pour les plantes réglementées évidemment. Chacun a donc la liberté de cueillir tant qu’il ne porte pas atteinte au milieu.

Si vous êtes tenté par la cueillette, je vous mets le lien de l’ Association française des professionnels de la cueillette de plantes sauvages. Mais revenons à Julien, un cueilleur respectueux. Un cueilleur respectueux aime le milieu naturel, il en prend soin et le respecte. Et, pour cueillir les quantités dont il a besoin, Julien travaille toujours manuellement. Ses outils se résument à une faucille et un sécateur. Ceux-ci permettent de prélever des parties de plantes sans abîmer la totalité mais aussi d’extraire les fragments les plus aromatiques tout en délicatesse.

La naissance de Boèmia

Boèmia
BoèmiaCrédit : @amandebasilic

Tout d’abord, pourquoi Boèmia ? Julien est originaire de l’Aude et très attaché à sa région, l’ Occitanie. Mais il est également profondément attentif à ce qui l’entoure et épris de liberté. Lors de notre rencontre, il me confiait son utopie : Pouvoir voyager sur tous les continents afin de découvrir de nouvelles espèces botaniques mais aussi rencontrer d’autres personnes amoureuses des plantes. Découvrir, rencontrer et partager sa passion, un joli rêve que je lui souhaite de réaliser. Donc pour résumer la liberté, la nature et la douceur en un seul terme, Julien a choisi la bohême, Boèmia en occitan.

Comment devient-on créateur de Boèmia ?

Julien a toujours travaillé dans le milieu agricole enfin plutôt viticole au vu de la région. D’ailleurs son grand-père avant lui résidait dans le même village et cultivait des vignes. L’un des terrain familial est devenu un champ de plantes aromatiques. On y trouve de la lavande officinale, de la sarriette et de l’immortelle enfin de l’ hélichryse italienne plutôt. Cette parcelle d’un demi hectare est évidemment en culture biologique et travaillée uniquement manuellement. Pas de tracteur ici mais une serfouette, une binette ou encore une griffe. Bref, des bras, des jambes et du temps…

Lavande Boèmia
Lavande BoèmiaCrédit : @amandebasilic

Mais revenons à l’idée de Boèmia qui est née de cette enfance passée à arpenter la garrigue, cueillant un brin de thym par ci et de romarin par là. La nature, ce grand terrain de jeu de l’enfant épris de liberté, est devenu l’objet même de l’entreprise qu’il a fondée : Boèmia. Mais comme l’idée ne suffit pas, Julien Martre s’est formé notamment à Imderplam, l’école des plantes médicinales et des médecines douces durant trois années. Cette longue formation a été complétée par des stages auprès de distillateurs d’huiles essentielles. En résumé, je dirais que la passion, les compétences acquises et une bonne dose de patiente pour la création administrative a permis de créer la marque Boèmia.

De la plante à l’huile essentielle

Savez-vous qu’environ 5000 ans avant J.C, l’Inde et la Chine utilisaient déjà des alambics pour extraire les huiles essentielles ? Aujourd’hui l’ alambic, ce procédé très ancien, est toujours l’outil d’extraction des huiles essentielles. Celui de Julien est en cuivre et a diffusé la bonne odeur du cyprès durant de longues heures. Si la méthode de distillation vous intéresse, je vous invite à consulter cette page de Boèmia.

Alambic Boèmia
Alambic BoèmiaCrédit : @amandebasilic

En vérité, distiller est tout un art, un savant dosage du temps qui permet aux plantes aromatiques de libérer leur huile essentielle. Saviez-vous que les plantes aromatiques possèdent des poches schizogènes qui enferment les arômes ? Personnellement, avant d’avoir rencontré Julien, je l’ignorais totalement. Revenons à la distillation du cyprès avec Julien. Lorsque je suis arrivée, le local sentait déjà bon l’odeur du cyprès et la distillation a continué encore deux bonnes heures. En fait, suivant les plantes la méthode change. Distiller du cyprès se fait en deux fois quatre heures avec une pause de trois heures entre les deux. Mais pourquoi ? Et bien, pour extraire au mieux une huile essentielle de qualité, il est parfois nécessaire de détendre le bois. Le laisser reposer ainsi plusieurs heures dans la cuve chaude emplie de vapeur d’eau permet d’attendrir les parties les plus dures, le bois, et ainsi de libérer les molécules. Chaque plante est différente et donc chaque distillation également. Chez Boèmia, Julien distille le plus souvent des plantes fraîchement cueillies pour préserver toutes leurs qualités.

Un savoir-faire, de la patiente et le respect du végétal, et voilà une huile essentielle de qualité en perspective.

Que trouve-t-on chez Boèmia ?

Et bien, tout d’abord, c’est un voyage olfactif. Il faut dire qu’on est au milieu des flacons d’huiles essentielles, d’hydrolats et de gelées de plantes aromatiques. Bon d’accord, ce sont surtout les huiles essentielles qui diffusent autant de parfum. Un vrai bonheur !

hydrolats Boèmia
hydrolats BoèmiaCrédit : @amandebasilic

Donc Julien crée des huiles essentielles, des hydrolats et il mitonne quelques pots de gelées de plantes également. Au fait, saviez-vous qu’il faut à peu près 300 kilos de plantes pour obtenir 1 litre d’huile essentielle ? On comprend tout de suite mieux le prix de ces petits flacons si utiles. Enfin je ne sais pas vous, mais moi, j’utilise très souvent les huiles essentielles. Pour combattre un rhume, pour détendre un tendon ou un muscle ou encore pour éloigner les moustiques ou parfumer l’eau du bain. Bref, elles me sont devenues indispensables, et voilà que maintenant j’ai découvert Boèmia juste à côté de chez moi. De la garrigue à ma maison en circuit on ne peut plus court 😉

J’espère que ce portrait de Julien Martre, créateur de Boèmia et amoureux des plantes vous a appris quelques petits trucs et donné envie de profiter encore davantage de la nature et de ses bienfaits. Cet article n’est pas sponsorisé, il me semble important de le mentionner.

Bibliographie d’aromathérapie

Sur la route de Boèmia
Sur la route de BoèmiaCrédit : @amandebasilic

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