Faire des puzzles, une activité aux nombreux bienfaits

Faire des puzzles, une activité aux nombreux bienfaits

Les puzzles à nouveau dans l’air du temps

Il y a peu de temps encore, je n’aurais jamais imaginé que les puzzles fassent partie de mes loisirs.

En fait, je les associais aux jeux pédagogiques réservés aux enfants, ou à une activité plutôt désuète. D’ailleurs, j’avais la même représentation, injustifiée évidemment, du crochet.

Comme j’imaginais que le crochet se limitait à poser un napperon de granny square sur une console, ou à me promener avec le même sac de provisions que ma grand-mère, je tenais le crochet loin de moi. Mais un jour, j’ai découvert les amigurumi et ma vision a totalement changé. J’ai appris à faire un cercle magique, les points de base, les diminutions, et … Voilà, le plaisir de créer était né. Ce plaisir ne m’a jamais quitté. D’ailleurs sur mon bureau, à côté de mon écran, que je visionne en ce moment même, siège un petit éléphant … crocheté.

Et bien pour les puzzles c’est un peu la même chose. Non, il n’y a pas que les séries de nus inspirés des peintres à assembler, le choix est vaste. Et, comme faire des puzzles est devenue une activité feel good, les grands éditeurs ont élargi leur gamme et de nouveaux petits éditeurs sont apparus. Ainsi, on trouve des puzzles d’illustrateurs contemporains, des portraits de personnes engagées, des puzzles d’art en bois, des puzzles bio …

Tout cela n’a plus grand’chose à voir avec les puzzles des décennies précédentes, et c’est tant mieux, car ainsi, chacun peut trouver ce qui lui convient et s’adonner au plaisir de faire des puzzles.

bienfaits des jeux cognitifs
bienfaits des jeux cognitifsCrédit : @amandebasilic

Mon expérience des puzzles

J’ai commencé mon 1er puzzle le jour d’une intervention chirurgicale, j’étais fatiguée, déroutée, dans un état vraiment désagréable. Alors, lasse, je me suis assise à table, ai pris ma boîte de 1000 pièces et ai commencé à trier. Pièce par pièce, sans précipitation, j’ai cherché les pièces de l’encadrement. Le temps s’est écoulé, j’étais occupée par la recherche et le placement des pièces, et petit à petit, le calme est arrivé, je me suis apaisée. À ce moment-là, j’ai réalisé que les heures passées avec le puzzle m’avaient totalement sortie de mon état de stress. C’était un peu comme si j’avais été exfiltrée de ma propre tête, de mon petit monde de tourments.

Donc, pour moi, faire des puzzles est une activité apaisante qui permet de sortir des ruminations. Et cela est un énorme atout.

Cependant il n’est pas le seul car l’observation requise pour la réalisation de puzzles exige de la minutie. Il faut regarder attentivement le modèle, discerner les moindres détails pour trouver LA bonne pièce. Cette minutie va avec la patience. Et il en faut de la patience quand, après deux ou trois passages en revue de toutes les pièces, vous n’avez toujours pas la bonne. Parfois, il m’arrive même de penser qu’elle manque, que le puzzle est incomplet, que j’ai déjà re-re-vérifié … Puis, arrive le moment où vous tombez dessus.

Alors apparaît un nouvel atout, la satisfaction de voir l’image se construire, le sentiment d’accomplissement. Car faire des puzzles, c’est construire, c’est concret. Et dans le monde virtuel qui nous habite, le concret est indispensable à notre équilibre, un peu comme la jardinothérapie sans la terre finalement.

Faire des puzzles
Faire des puzzlesCrédit : @amandebasilic

Les bienfaits des puzzles

En 2016, le docteur Patrick Fissler*, chercheur en neurologie à l’Université d’Ulm, a mené une étude clinique sur une centaine de personnes afin de mesurer l’impact des puzzles sur le cerveau humain. Les résultats de son étude, publiés dans la revue scientifique Frontiers in Aging Neuroscience, ont montré que la pratique des puzzles améliore les capacités cérébrales. Plus précisément, les puzzles permettent de de stimuler huit fonctions cognitives qui sont :

  • Les facultés de perception visuelle
  • La pratique de construction
  • La rotation mentale. La rotation mentale est une capacité visio-spatiale qui permet de tourner et retourner les pièces d’un puzzle dans tous les sens pour trouver le bon emplacement. Parfois, nul besoin de toucher la pièce, l’action est visuelle.
  • Le raisonnement
  • La vitesse
  • Puis, la flexibilité cérébrale, forme de souplesse mentale permettant la recherche de solutions, la résolution de problèmes.
  • La mémoire de travail. La mémoire de travail nous permet de nous souvenir que cette pièce bleue et jaune, vue il y a quelques heures, a été posée là, dans cet endroit du plateau. C’est assez étonnant de voir combien d’informations de ce type on mémorise lorsqu’on pratique les puzzles.
  • Et la mémoire épisodique

Place au docteur Patrick Fissler

2 modèles de puzzles
2 modèles de puzzlesCrédit : @amandebasilic

Mais encore

Selon l’ Université de Yale, la pratique des puzzles soulage le stress. Concentré·e sur un objectif simple et précis, le niveau de dopamine augmente, les angoisses diminuent et l’apaisement apparaît. Comme j’ai pu le ressentir en pratiquant, faire et terminer un puzzle contribue au bien-être et encourage l’estime de soi. On est si content lorsqu’on pose la dernière pièce et contemple l’image soigneusement recomposée, on a réussi !

En dernier lieu, j’ai envie d’ajouter à la liste des bénéfices, la convivialité, le partage, le plaisir d’être ensemble. Car si la pratique des puzzles est souvent solitaire, elle peut être source d’interactions avec les enfants, les adultes et les personnes âgées. D’ailleurs, il semblerait que la pratique des puzzles diminue les risques d’apparition de la maladie d’Alzheimer et favorise la mémoire.

Au fait, saviez-vous que les puzzles avaient été inventés au XVIII° siècle par John Spilsbury, un cartographe. John Spilsbury eut l’idée de découper les cartes en petits morceaux pour inciter les enfants à apprendre la géographie de façon ludique. Ainsi, il créa un jeu pédagogique qui a aujourd’hui encore toute sa place dans le développement cognitif de l’enfant.

En effet, la pratique du puzzle chez l’enfant :

  • Développe la capacité de concentration et d’attention
  • Tout comme celles de gestion de la frustration
  • Et de la résolution de problèmes
  • Améliore la coordination oeil-main
  • Stimule la mémoire
  • Renforce l’estime de soi
  • Facilite les interactions et contribue à développer son language

Il me semble même que c’est l’un des premiers jeux que l’on achète aux enfants, après Sophie la girafe évidemment 😉

fleurs
fleursCrédit : @amandebasilic

En conclusion

Si la pratique des puzzles est bénéfique pour le cerveau, soyez tout de même vigilent car elle est aussi chronophage. Une pièce après l’autre, les heures défilent sans que nous ressentions le moindre besoin de bouger. Alors n’oubliez pas de varier les plaisirs. Après une heure ou deux devant un puzzle, chaussez les baskets et allez marcher une heure ou deux 😉

Sources

Les puzzles présents dans l’article

le plaisir de faire des puzzles
le plaisir de faire des puzzlesCrédit : @amandebasilic

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